samedi 18 juin 2011

Unicorn in Uniform


Je trouve que : C'est lorsque ça arrive, et pas souvent, mais ça arrive quand même comme aujourd'hui, que tout le monde s'y intéresse soudainement, et que tout le monde est sincèrement triste et touché. Pourtant demain après une nuit de sommeil sereine, quelques pensées encore, quelques jours pour les plus sensibles, tout retournera à la normale, oui encore et encore..

Le lecteur malicieux et avant tout réaliste, pragmatique et fataliste me dira : Oui mais peut-on seulement réagir autrement ? Après tout notre tristesse est bien vraie, mais cette tristesse ne peut rester aussi vive au fil des jours ou l'on ne s'en sort plus et nous nous suicidons nous aussi pour le rejoindre !

Je réponds : Oui c'est vrai. Mais c'est comme si nous étions des moutons de panurge suivant tous le même fil de désespoir, comme si l'on voulait se mettre à la norme de la tristesse des autres ou nous semblons trop étranges. Je trouve tellement de légèreté dans les mots et les condoléances que nous proférons, comme si après l'avoir dit ou écrit, tout ce que l'on pouvait faire était fait, que l'on a fait tout ce que l'on pouvait faire.

Il me dit alors : Seulement que peut-on faire de plus qu'être désolé et triste ? N'est-il pas déjà bien de transmettre nos pensées, mince alors, comment trouves-tu l'envie, en ce temps funèbre, de nous trouver tous conformés ? Notre seule réaction est la peine, et c'est la seule réaction que nous pouvons avoir. D'ailleurs toi aussi, tu l'es, et toi aussi tu ne vas pas plus loin que ce que tout le monde fait.

J'ai un léger éclat de rire : C'est justement pour cela que je vous comprends si bien. Parce que moi aussi, j'agis de la même manière que vous. Mais finalement je nous trouve si pathétiques et pitoyables, d'obéir aux bienséances et de ne finalement transmettre nos pensées de regret qu'à travers un clavier. S'il fallait écrire à la plume et envoyer des fleurs, le mur de Gauthier Picard serait bien moins rempli.


mardi 24 mai 2011

Pala my love


Retour inattendu, que dis-je, incongru, des jours où l'on fait vraiment ce que l'on aurait dû faire tout ce temps. Pourtant, j'en avais, du temps. Où est-il passé ? Dans l'espoir et l'attente sans réponse, ou dans des activités non productives, des centaines de cigarettes sur ce balcon suspendu au dessus du plèbécule ébahi dont je fais moi-même partie...

Forever Dolphin Love (c'est le titre d'un album je précise) ,qui m'a ruiné une partie de mon budget nourriture, n'est toujours pas dans mes oreilles, une envie peut être inconsciente, un acte manqué de mon esprit, comme beaucoup d'autres après tout, comme tous les autres que j'ai effectué à la place d'autres encore, rester pour partir, croire à chaque fois que j'aurai le privilège de l'ascenseur de la considération des autres (légère référence à l'ascenseur social). Vouloir, toujours, une garde robe encore plus fournie pour à la fin ne plus savoir comment se vêtir, renier les vêtements que l'on avait si longtemps chéris, renier les gens que l'on avait chéris eux aussi, vouloir toujours du neuf, comme ces jouets que l'on met de côté au profit de cette nouveauté finalement décevante...

Finalement c'est comme si je n'atteignais jamais la perfection littéraires des lieux et des moments, comme si quelque chose les ruinait tout le temps, des regards ou des considérations que je crois tout le temps percevoir, des pensées peut être inexistantes des autres, comme s'ils m'observaient derrière leur vitre, toujours, comme une bête en cage, et depuis ma scène où l'on me lance des roses et des tomates, je veux leur plaire, les faire rire, je veux leur amour et leur dévotion, admiration, parfois simplement leur reconnaissance.

Mais quelle force me pousse donc à éternellement me mettre un masque devant le visage, quelles choses me poussent à simuler, jouer sans le savoir.

Car je suis malgré moi un éternel pantin de ma pensée et de mon instinct.